Le locotracteur "Pilou"

Le Tm 2/2 n°25 "Pilou" Construit en Suisse en 1969 par la société Robert Aeri pour le chemin de fer Rhétique (RhB).

Il était affecté aux manœuvres en gare, il était aussi employé pour effectuer des petits et moyens services de marchandises.

Rénové en 1990, il termina sa carrière à la gare de Disentis en 2021 avant d'être vendu au CFHVS la même année.

Il y a actuellement cinq exemplaires de ce type de locotracteur ex-RhB en France, tous ont trouvé une nouvelle carrière au sein de chemins de fer touristiques.

Le wagon tombereau

Retrouvé en même temps que la locomotive Suzanne, il fut le premier à etre restauré !

Appartenant à l'époque à la compagnie meusienne, il est aussi classé monument historique (le petit toit est là pour le protéger !) .

  • essieux simples
  • origine : compagnie meusienne 1892
  • restauration : 1993
  • longueur : 4,58m
  • hauteur : 1,90m

Triby. Pont du Meusien

Le Pont Triby

15 septembre 1890, dans le train en direction de Rembercourt, 10h47.

Tandis que le grand hall en verre de la gare de l’Est se dessinait à leur gauche, Mr Merceron et sa femme soupiraient, heureux de ne pas avoir raté leur train. Ils rêvaient déjà de leur déjeuner bucolique, à l’ombre des arbres de la forêt de Massonges, bercés par le chant des oiseaux. Pouvoir s’offrir une parenthèse champêtre, loin de l’agitation de la ville, c'était maintenant possible plus facilement grâce au train !

Leur fille avait le nez collé à la vitre, regardant défiler le panorama de Bar-le-Duc. On voyait l'église Notre-Dame, coiffée de son imposant clocher baroque, puis la perspective s’ouvrait sur les toits du centre-ville, et le tout était surplombé par la Ville Haute et son ensemble renaissance. Ses yeux étaient en particulier attirés par la majestueuse Tour de l’Horloge du XIIème siècle qui veillait sur l’ensemble de la ville.

Soudain, des barres métalliques vînrent troubler sa vision : Le train passait sur le pont Triby. La petite se tourna vers son père :

« Dit Papa, le pont, il ressemble à la Tour « Féfelle » .

_ Eiffel, ma chérie, EI-FFEL ! corrigea-t-il en rigolant. Tu as raison, c'est le même procédé qui est utilisé, le métal riveté. Grâce à cette technique, ce pont résistera à toutes les œuvres du temps ! » s’enorgueilla-t-il.

Le pont du train était voisin d'un autre pont similaire qui reliait le quartier Notre-Dame et le quartier de Marbot. A eux deux, ils permettaient d’enjamber le Canal de la Marne au Rhin, construit au milieu du siècle, et sur lequel Mr Varinot avait fait ses premières armes.

« Papa ? Il roulera aussi toute la vie ton train ? » Demanda soudainement la petite.

Surpris par sa question, son père la rassura :

« Ne t'inquiète pas Suzanne, nos locomotives, c'est du solide ! Je suis sûr qu'elles rouleront encore dans 130 ans ! »

Satisfaite de sa réponse, la fillette retourna à sa contemplation de la vallée de l'Ornain, rêvant à toutes sortes d'aventures à bord du train...

Gare du Meusien

Impasse du Varinot

15 septembre 1890, Gare meusienne de Bar-le-Duc, 10h38.

L’hippomobile s’arrêta devant le bâtiment de la gare. C’était un bâtiment sans prétention mais la frisette en bois peint lui donnait un aspect pittoresque. M. Merceron regardait, non sans fierté, l’inscription qui venait de prendre place sur les deux bandeaux du bâtiment central :

« Gare meusienne – Chemin de fer d’Intêret local de la Meuse »

En quelque sorte, cette gare, c’était sa gare. Il se remémora avec mélancolie ses années durant lesquelles il avait participé à l’élaboration de la ligne entre Bar-le-Duc et Clermont-en-Argonne avec son ami, Mr Varinot. Il l’avait notamment secondé pour le choix du plan du bâtiment :
Une gare simple par son architecture mais néanmoins fonctionnelle. Elle comportait un guichet, une salle d’attente, un bureau pour les chefs d’exploitation, des commodités et, à l’étage, des appartements pour les mécaniciens et chauffeurs qui passaient la nuit sur place en attendant de reprendre leur locomotives le lendemain matin, à l’aube.

Interpellés par un sifflet strident, sa fille se précipita à l’intérieur du hall d’entrée, ses parents sur les talons. Arrivés sur les quais, le chef de train vînt à leur rencontre :

« M’sieur Merceron, quel bon vent vous amène ?

_ N'ayez crainte, je viens en simple voyageur aujourd'hui !

_ Ah oui ! Le Jean nous a dit qu'la Suzanne était r'servée pour vous !

_ Oui, c’est pour l'anniversaire de la petite…. SUZAAAANNE !! »

La fillette, ayant échappé à la vigilance de ses parents, s’était déjà avancée au bout du quai. Émerveillée par la vapeur qui jaillissait de toute part, elle s’approcha de la locomotive d’un pas timide tant elle était impressionnée par le bruit assourdissant de la machine. Son père accouru vers elle, l'air grave:

« Suzanne ! Ne me fais pas de frayeur pareille !, réprimanda-t-il en la reprenant dans ses bras.

_ Mais papa… C’est celle-là ma locomotive, hein ? »

Il soupira et s’avança vers le côté de la machine, près des caisses à eau. Il désigna la première plaque métallique et épela à sa fille :

« SU-ZANNE. Tu vois, c’est bien elle, la locomotive numéro 6 !

_ Non, c’est CM 26 maintenant patron ! rigola le chauffeur depuis la cabine.

_ Bien vu Jean, vous avez raison ! Maintenant, vu que Papa a créé la Compagnie Meusienne, c’est la locomotive CM 26. Mais c'est grâce à toi si elle porte ce doux prénom ! Dit-il en câlinant sa fille.

_ Oui, et maintenant, les voyageurs sont invités à se diriger vers leurs compartiments car le train va partir ! » annonça le chauffeur.

Il fit signe au chef de train qui lui répondit par un coup de sifflet. Mr Merceron rejoignit sa femme dans la 1ère classe et plaça la petite Suzanne près de la fenêtre. Les portes se fermèrent et, après un long coup de sifflet de la locomotive, le train de 10h45 quitta la gare meusienne dans un panache de fumée…

Siege Social du Meusien

30 rue de la Rochelle.

15 septembre 1890, Bureaux de la Compagnie Meusienne, 10h12.

Mr Merceron s'enfonça dans son siège en soupirant. Son rendez-vous de neuf heures venait enfin de se terminer. Il posa son regard sur le portrait de son ancien collaborateur, Mr Charles Varinot, encadré sur le mur de l'office fraîchement inauguré. Ce dernier était décédé quelques mois auparavant, en mars 1890, et lui avait légué son empire ferroviaire. Il venait donc de créer, avec ses gendres, une toute nouvelle société pour gérer l'important réseau ferré d'intérêt local : la Compagnie meusienne des chemins de fer. Il en était le directeur.

Des bruits de pas pressés résonnèrent dans le couloir. Une petite fille apparut dans l'encadrement de la porte du bureau, sa chevelure rousse était toute ébouriffée par sa course :

« PAPAAAA !!! »

Elle courra à vive allure vers son père qui s’empressa de la prendre dans ses bras :

« AH ! Te voilà toi ! »

Il recoiffa maladroitement sa fille et lui déposa un baiser sur sa joue rosie :

« Bon anniversaire ma chérie ! »

La maman arriva au niveau de la porte, les bras chargés de bagages :

« Mon cher, nous ne risquons pas d’être en retard, la petite est levée depuis l’aube ! Elle attend avec impatience la promesse que vous lui avait fait » dit-elle, essoufflée.

Le directeur acquiesça avec amusement :

« Et oui, une balade en forêt, tirés par une locomotive flambant neuve…

_ C’est MA locomotive ! » s’exclama la fillette.

Le père ne pu s'empêcher de rire devant sa frimousse. Il la reposa et jeta un œil sur l'horloge :

« 10h15. Il est temps d'y aller ! »

Après avoir débarrassé sa femme de la valise la plus lourde, il se dirigea vers la sortie et ouvrit la porte qui donnait sur le boulevard de la Rochelle. Tandis que sa compagne monta dans l'hippomobile qui les attendait, il se tourna vers sa fille, restée sur le seuil de son bureau :

« Aller Suzanne, prête pour l’aventure ? »